PEYTON PLACE
            Episode 1
            Mardi 15 septembre 1964

            Auteur:               Robert J. Shaw
            Directeur:            Walter Doniger
            Producteur:           Richard Goldstone
            Producteur exécutif:  Paul Monash

PTN:        L'histoire ininterrompue centrée autour des 
            habitants de Peyton Place, petite ville de la 
            Nouvelle Angleterre qui n'est pas aussi calme 
            qu'elle y paraît.  La série débute avec l'arrivée 
            du docteur Michael Rossi, qui installe son cabinet 
            dans la petite ville. 

DMN:        C'est l'histoire de plusieurs vies entremêlées dans 
            une petite ville de la Nouvelle Angleterre, basé 
            sur les romans de Grace Metalious.  Le Docteur Rossi 
            débarque pour s'installer dans son cabinet médical. 

Narration:  Pas de narration pour ce premier épisode. 

Intro:      Une locomotive à vapeur, remorquant un train, se 
            dirige vers Peyton Place. 

Scène 1:    Le conducteur du train engage une brève 
            conversation avec le Docteur Rossi. Il admet que la 
            plupart des personnes quittent Peyton Place dès 
            qu'ils en ont l'occasion.  Et il lui semble étrange 
            que le docteur Rossi vienne de lui-même dans cette 
            petite ville.  Il lui dit que de nombreuses 
            personnes préfèrent déménager de cet endroit. 

Scène 1 détaillée: 
            Michael Rossi a prit le train en partance de New 
            York, et approche de Peyton Place. 

LE CONDUCTEUR: 
            Peyton Place. dans cinq minutes. 

MICHAEL:    Merci. 

LE CONDUCTEUR: 
            Première visite?

MICHAEL:    C'est plus qu'une visite.

LE CONDUCTEUR: 
            Vous comptez vous installer ici?

MICHAEL:    Pourquoi pas?

LE CONDUCTEUR: 
            Et bien, la plupart des gens préfère quitter ce 
            genre de petites villes.  Sais pas pourquoi ils 
            veulent y revenir. 

MICHAEL:    Je ne reviens pas. 

            Michael Rossi se lève et regarde par la fenêtre. 
            Fin de la scène. 

Scène 2:    Norman Harrington raccompagne Allison Mackenzie 
            chez elle.  Elle l'invite à entrer mais il refuse 
            poliment.  Allison admet que Norman avait 
            l'habitude d' être le garçon le plus brillant de la 
            classe.  Norman admet qu'il n'est pas lui-même en 
            ce moment.  Allison se demande pourquoi. 

            Elle rentre à la maison et est interrogée par 
            Constance, sa mère ultra protectrice mais aimante. 
            Constance dit à sa fille qu'elle aime bien Norman, 
            mais qu'elle émet des réserves sur son frère 
            Rodney.  Allison jette un oil sur la photo de son 
            père et dit à Constance qu'il serait temps qu'elle 
            s'en débarrasse. 

Scène 2 détaillée: 
            Norman Harrington raccompagne Allison chez elle 
            depuis la bibliothèque. 

ALLISON:    Merci Norman.

NORMAN:     De rien.

ALLISON:    Tu veux entrer?

NORMAN:     Et bien, je ne sais pas Allison. C'est un peu tard.
          
ALLISON:    Allez!  Il n'est pas encore neuf heures.

NORMAN:     Oui, mais n'oublie pas qu'on a un contrôle surprise 
            demain.  Je ferai mieux de réviser. 

ALLISON:    Norman, qu'est-ce qui ne vas pas?

NORMAN:     Que veux-tu dire?

ALLISON:    Tu as toujours été le garçon le plus brillant de 
            l'école. 
          
NORMAN:     Ouais, mais disons que ma moyenne a baissé.

ALLISON:    Quelque chose ne va pas?

NORMAN:     Non.

ALLISON:    Alors pourquoi?

NORMAN:     Pourquoi quoi?

ALLISON:    Oh, Norman, ne sois pas si exaspérant!  Nous pouvons 
            parler, n' est-ce pas? 

NORMAN:     Oui, bien sûr.

ALLISON:    Alors pourquoi est-ce qu'on ne parle pas?

NORMAN:     Je ne sais pas quoi te dire, Allison.

ALLISON:    Comment ça tu ne sais pas quoi me dire!  Nous sommes 
            amis.  Nous avons toujours été amis.  Et nous le 
            sommes encore, n'est-ce pas? 

NORMAN:     Oui, nous sommes amis.  Je veux dire, ça ne changera 
            pas. 

ALLISON:    Alors qui a-t-il?

NORMAN:     Et bien, il y a des choses qui me tracasse.  Je 
            n'arrive plus à me concentrer.  Mais je ne veux pas 
            en parler. 

ALLISON:    Norman, tout le monde est plus ou moins tracassé 
            par des choses, comme tu dis. 

NORMAN:     Oui.  On se voit demain.  

            Le train se met à siffler au loin.  

NORMAN:     Je me demande s'il se trouve dans ce train.  

ALLISON:    Qui? 

NORMAN:     Le docteur Rossi.  Je t'ai déjà parlé de lui.  Mon 
            frère doit aller le chercher à la gare.  On se voit 
            demain.  

            Norman s'en va tandis qu'Allison entre chez elle.  
            Constance est en train de regarder les nouvelles à 
            la télévision.  

JOURNALISTE: 
            Rendez-vous demain même heure, même chaîne...  

CONSTANCE:
            Allison?

JOURNALISTE: 
            Pour d'autres nouvelles du monde.

ALLISON:    Salut Maman.  Que regardes-tu?

CONSTANCE:  Oh, rien d'important.

ALLISON:    Et qu'as-tu fait pendant toute cette soirée?

CONSTANCE:  Je n'avais pas envie de sortir.

ALLISON:    C'est une belle soirée pourtant.  Et en plus, c'est 
            la pleine lune.  
 
CONSTANCE:  Ooh.  Très romantique.  

ALLISON:    Tu l'as dit.  Norman Harrington m'a raccompagné.  
            Nous étions à la bibliothèque.  

CONSTANCE:  Tu ne l'as pas invité?

ALLISON:    Si, mais il a préféré rentrer pour étudier.

CONSTANCE:  J'aime beaucoup Norman.

ALLISON:    Je sais.  Et moi aussi.

CONSTANCE:  Pourquoi est-ce que tu ne sors pas avec lui?

ALLISON:    Oh, il est si jeune.  En plus, nous sommes amis 
            depuis si longtemps qu'on trouverait très bizarre 
            de sortir ensemble.  Peut-être qu'un jour, on 
            sortira chacun avec quelqu'un d'autres.  

CONSTANCE:  Et avec qui voudrais-tu sortir? 

ALLISON:    Oh, je ne sais pas.  Mon Prince Charmant se cache 
            quelque part.  

ONSTANCE:   A Peyton Place? 

ALLISON:    Pourquoi pas? 

            Allison regarde la photo de M.  Mackenzie.  

ALLISON:    Parfois j'aimerais que tu te débarrasses de cette 
            photo.  

CONSTANCE:  Pourquoi? 

ALLISON:    Parce que.  

CONSTANCE:  C'est ton père.  

ALLISON:    C'est une photographie.  Maman, il est mort avant ma 
            naissance, et tu n'es pas vraiment heureuse en 
            vivant seule.  
           
            (musique d'ambiance) 

CONSTANCE:  Je ne vis pas seule, Allison.  

ALLISON:    Non.  Je suis désolée.  

            Constance embrasse sa fille sur la joue gauche.  

CONSTANCE:  Moi aussi.  

ALLISON:    Oh, j'oubliais!  Je suis supposée remettre mon 
            article au journal dès maintenant.  Je dois me 
            dépêcher de retourner au square.  Maman, tu seras 
            toujours la plus merveilleuse des personnes sur 
            cette terre.  

CONSTANCE:  Je ne pense pas être si merveilleuse.  

ALLISON:    Mais si, tu l'es.  

            Et Allison se précipite dehors.  

Scène 3:    Rodney Harrington et Betty Anderson arrivent en 
            voiture à la gare de Peyton Place.  Rodney se gare 
            à une place où il est interdit de stationner.  En 
            attendant l'arrivée du train, Rodney et Betty 
            passent leur temps s'étreindre et s'embrasser.  
            Betty repère le docteur Rossi qui vient de sortir 
            du train au départ de New York.  Rodney, vêtu de sa 
            veste de sport aux couleurs de Peyton Place avec 
            inscrit en grand la lettre « P », descend 
            habilement de sa décapotable et se présente au 
            docteur Rossi.  Rodney dépose les bagages du 
            docteur dans le coffre de la voiture et lui dit 
            qu'il a réservé une chambre à l'Auberge du Colonial 
            Post.  Rodney et Betty déposent le docteur à 
            l'hôtel, et se rendent ensuite à l'Usine Peyton.  

Scène 3 détaillée: 
            Rodney et Betty attendent le train dans lequel se 
            trouve le docteur Rossi.  

RODNEY:     On est juste à l'heure.  

BETTY:      Et le train arrivera à l'heure.  Tout est tellement 
            prévisible ici.  

RODNEY:     Aimerais-tu partir quelque part?  A Tokyo, ou 
            Paris, Hong-Kong? 

BETTY:      Rodney, les trains ne vont pas à Tokyo, Paris, ou 
            Hong-Kong.  Ils vont à Boston, New York et aux 
            chutes du Niagara.  

RODNEY:     Les chutes du Niagara? 

BETTY:      Pourquoi pas? 

RODNEY:     C'est ringard.  Plus personne ne va là-bas 
            maintenant.  

BETTY:      Et ou est-ce que l'on irait alors? 

RODNEY:     Dans des endroits.  des tas d'endroits.

BETTY:      Comme ceux qui ressemblent à l'Etang, par exemple?

RODNEY:     Admets que la vue superbe.  On y a passé un bon, 
            chaud et long été, n'est-ce pas? 

BETTY:      L'été est fini, Rod.

RODNEY:     Très bien, alors on y passera un bon, chaud et long 
            automne.  

            Ils s'embrassent.

BETTY:      Le voici.

            Rodney sort de la voiture et se dirige vers le 
            docteur.  

RODNEY:     Docteur Rossi?

MICHAEL:    Oui.

RODNEY:     Je suis Rodney Harrington.

MICHAEL:    Oh, bonjour Rodney.

RODNEY:     Le docteur Brooks était mon oncle.

MICHAEL:    Oh, et bien je.

RODNEY:     Ne dites rien.

MICHAEL:    Je n'en ferais rien.

RODNEY:     Merci.  Tante Laura serait bien venue vous 
            accueillir, mais.  Docteur Rossi, voici Betty 
            Anderson.  

MICHAEL:    Salut, Betty.  

BETTY:      Salut.  

RODNEY:     C'est une belle soirée, et Betty voulait faire un 
            tour.  

MICHAEL:    Oh, je comprends.  C'est une chaude soirée de fin 
            d'été.  

BETTY:      Et ce n'est pas une soirée faite pour se quitter.

RODNEY:     J'ai fait une réservation pour vous à l'Auberge.

MICHAEL:    Parfait.

BETTY:      Oh, c'est la seule Auberge de la ville, n'est-ce 
            pas Rodney? 

RODNEY:     Certaines choses vous paraîtront différentes ici.  Ce 
            n'est pas New York.  

MICHAEL:    Il se peut que j'aime ces différences.

            Ils arrivent au Colonial Post.

MICHAEL:    Merci du dérangement.

RODNEY:     Pas de quoi.

MICHAEL:    Bonne nuit, Miss Anderson.

BETTY:      Bonne nuit.

            Michael entre au Colonial.

RODNEY:     Je dois juste prévenir mon père que le docteur 
            Rossi est bien arrivé.  

BETTY:      Ou veux-tu aller après?

RODNEY (avec passion): 
            Ou tu veux.

            Ils s'embrassent.  La scène se termine alors qu'ils 
            s'embarquent vers l'Usine Peyton.  

Scène 4:    Allison se souvient qu'elle a oublié de remettre 
            l'article de cette semaine qui paraît dans la 
            rubrique « paroles d'ados » à Matthew Swain et se 
            précipite au Clarion, le journal de Peyton Place.  

Scène 4 détaillée:
            On entend les machines à écrire crépiter lorsque 
            Allison franchit la porte du Clarion.  

ALLISON:    Bonsoir, Oncle Matt.  J'ai oublié de te donner mon 
            sujet de la semaine.  

MATTHEW:    C'est parce qu'il y a un clair de lune très 
            romantique ce soir.  

ALLISON:    Je ne me suis pas fait courtisée, j'étais à la 
            bibliothèque.  

MATTHEW:    Avec Norman Harrington.  

ALLISON:    Comment sais-tu cela? 

MATTHEW:    Et bien, premièrement, il y a ce qu'on appelle la 
            loi de la probabilité.  Et deuxièmement je t'ai vu 
            sortir avec lui.  Ce serait dommage de gâcher ce 
            beau clair de lune romantique.  

ALLISON:    C'est ce que j'ai essayé de dire à Maman.  Mais pas 
            en ces mots.  
         
MATTHEW:    Que lui as-tu dit? 

ALLISON:    Et bien, qu'il serait peut-être temps de ne plus 
            vivre dans le passé.  

MATTHEW:    Je suis d'accord.  

ALLISON:    Que va-t-il se passer l'année prochaine si je pars 
            au College? 

MATTHEW:    Tu peux aller au College de Peyton.  

ALLISON:    Suppose que non.  Suppose que je parte loin.  Maman 
            a construit sa vie autour de moi.  

MATTHEW:    Ta mère est une femme très forte, Allison.  Plus forte 
            que tu ne le penses.  

ALLISON:    C'est juste que je me sens si.

MATTHEW:    Obligée.

ALLISON:    Oui.

MATTHEW:    Fais les choses par amour, Allison, et pas par 
            obligation.  

ALLISON:    Ca semble si simple.

MATTHEW:    Mais ça ne l'est pas.

ALLISON:    Voici mon article.  Bonne nuit, Oncle Matt.

MATTHEW:    Tu rentres à la maison?

ALLISON:    Euh, non.  Je vais me promener sous ce clair de lune 
            romantique et je vais.  

MATTHEW:    écrire un poème.

            Allison secoue la tête pour dire non.

ALLISON:    Fais un vou.

            Allison quitte le Clarion.

Scène 5:    Rodney et Betty arrivent à l'Usine Peyton, près du 
            quai.  Betty attend dans la voiture tandis que 
            Rodney va apprendre à son père Leslie Harrington,  
            l' arrivée sans problème du docteur Rossi.  Pendant 
            ce temps, dans le bureau de la direction, Leslie et 
            sa secrétaire Julie Anderson (la mère de Betty) 
            travaillent tard et parlent affaires.  Leslie 
            demande de l'accompagner à New York lors de son 
            prochain voyage d'affaires.  Ils commencent à 
            s'embrasser juste au moment où Rodney pénètre dans 
            le bureau.  Rodney les salue.  Julie se retire 
            furtivement des bras de Leslie.  Rodney dit à son 
            père qu'il a conduit le docteur Rossi au Colonial 
            Post.  Leslie, de son côté, dit à son fils qu'il ne 
            doit pas y avoir de malentendu sur ce qu'il vient 
            de voir.  Rodney quitte la pièce, descend les 
            escaliers et rejoint Betty dans la décapotable.  Il 
            lui dit qu'il l'a ramène à la maison.  

            Au deuxième étage de l'Usine, Leslie assure à Julie 
            qu'il arrivera bien à faire comprendre à Rodney 
            qu'il se fait de fausses idées sur ce qu'il a vu.  
            Mais cela ne semble pas réconforter Julie.  

            Rodney conduit Betty directement à la maison de 
            George Anderson.  Betty sent que Rodney a des 
            problèmes et veut savoir ce qui se passe.  Rodney 
            ne lui parle pas du baiser qu'il a surpris entre 
            son père et la mère de Betty.  Il conduit la 
            voiture, le cour remplit de colère.  

Scène 5 détaillée:

JULIE ANDERSON: 
            Voilà, j'ai tout terminé, à l'exception de la 
            lettre pour Boston.  

LESLIE HARRINGTON: 
            Tu la taperas demain matin.

JULIE:      Tu ferais mieux de contrôler ça.  Est-ce que tu as 
            écris expédier? 

LESLIE:     Expédier, oui, c'est juste.  Julie?

            Leslie se lève et se précipite vers Julie.  Il place 
            ses mains sur ses épaules.  

JULIE:      Oh, s'il te plaît, Les.  

LESLIE:     Très bien.

JULIE:      J'espère que tu comprends.

LESLIE:     Non je ne comprends pas.

JULIE:      Je suis fatiguée.

LESLIE:     Julie, j'ai une idée.  Je dois aller à New York pour 
            quelques jours.  Ce serait une bonne occasion pour 
            nous de s'échapper de tout ceci.  

JULIE (fermement): 
            Non, Les.

LESLIE:     Pourquoi?

JULIE:      Il y a des tas de raisons.  Pourquoi ne veux-tu pas 
            comprendre? 

LESLIE:     Je ne comprends que les sentiments que j'ai pour toi.

JULIE:      Pense à Rodney et Betty.  Ils étaient ensemble tout 
            l'été.  

LESLIE:     Ces gosses sont devenus très amis ces derniers temps.

JULIE:      Ces gosses vont se marier.

LESLIE:     Betty?  Ce que je veux dire, c'est que mon fils doit 
            aller au College.  
        
JULIE:      Ce n'est pas tout ce que tu voulais dire, Les.  
            Pourquoi ne le dis-tu pas?  Allez, dis-le.  Betty 
            n'est pas le genre de fille avec qui on se marie.  
            Elle ferait juste une bonne secrétaire, comme sa 
            mère.  

LESLIE:     Julie, ce n'est pas vrai.  Ce n'est pas du tout ce 
            que je pense.  Les choses ne sont pas faciles pour 
            moi non plus.  Julie, je me soucie de toi, 
            crois-moi.  

            Leslie embrasse Julie tandis que Rodney arrive dans le 
            bureau et les surprend.  

            Musique d'ambiance.

RODNEY:     Bonsoir, Papa.

            Julie Anderson se retire furtivement.

            Musique d'ambiance.

LESLIE:     Rodney, que veux-tu?

RODNEY:     Je faisais juste un saut pour te dire que j'ai 
            conduit le docteur Rossi à l'Auberge.  Je suis 
            désolé de t'avoir dérangé, Papa.  Ca n'arrivera 
            plus.  

LESLIE:     Rod?

RODNEY:     Oui, Père?

            Rodney se tourne pour partir.

LESLIE:     Ou vas-tu?

RODNEY:     Tu n'as pas besoin de moi, apparemment.

LESLIE:     Rod, regarde-moi.

RODNEY:     Oui, Père.

LESLIE:     A propos de ce que tu as vu.

RODNEY:     Oui, Père.

LESLIE:     Rod, je ne voudrais pas qu'il y ait de malentendu.

RODNEY:     Oh, non, Père.

LESLIE:     Rod, je ne dis pas que c'est correct.  Mais, Rod, 
            Mrs Anderson et moi.  

RODNEY:     Arrête de l'appeler Mrs Anderson.  Appelle-la 
            simplement "la mère de Betty".  

            Rodney quitte le bureau et retrouve Betty dans la 
            décapotable.  

BETTY:      Rod, qu'est-ce qui ne va pas? 

RODNEY:     Je te ramène chez toi.  

BETTY:      Mais.  il est encore tôt.  

RODNEY (froidement): 
            Il est tard.  

            De retour au bureau.  

LESLIE:     Ne t'inquiète pas.  Je lui ferais comprendre.  

JULIE:      Lui faire comprendre quoi, Les? 

            Rodney conduit imprudemment.  Ils prennent la 
            direction de la maison des Anderson.  Le numéro 
            d'immatriculation de la voiture de Rodney est 
            791-352.  Ils arrivent devant la maison.  

BETTY:      Je pensais que nous irions à l'étang.

RODNEY:     Une autre fois, d'accord?

BETTY:      Rod, qu'est-ce que tout cela signifie?

RODNEY:     Descend! 

BETTY:      Rod, qu'est-ce que tu es en train de faire?

RODNEY:     Je t'appellerais, peut-être demain.

BETTY:      Peut-être demain? Rod, qu'est-ce que j'ai fait de 
            mal? 

RODNEY:     Toi?  Rien.

BETTY:      Qu'est-ce que ton père t'as dit tout à l'heure?

RODNEY:     Rien.
         
BETTY:      Rod, tu ne sais dire que rien.

RODNEY:     Je n'ai rien d'autre à dire.  Oh, Betty, entre nous ça 
            devient sérieux, trop sérieux.  

BETTY:      C'est ce qu'il a dit?

RODNEY:     Il n'a rien dit à propos de toi.  Il n'a rien dit du 
            tout.  C'est juste que.  Oh s'il te plaît Betty, 
            fais ce que je te dis.  Descends.  Laisse-moi du 
            temps pour réfléchir.  

BETTY:      Très bien, Rod.  Très bien, réfléchis.  Moi aussi j'ai 
            besoin de réfléchir.  

            Betty sort de la voiture, en colère.  Rod s'en va, 
            également en colère.  

Scène 6:    Rodney continue à rouler imprudemment, manquant de 
            peu de renverser Allison Mackenzie, qui se promène 
            sur la route la menant du Clarion à son domicile.  
            Il s'arrête et invite la jeune fille à faire une 
            promenade.  Allison monte dans la voiture.  Rodney 
            redémarre et reprend sa conduite imprudente.  
            Allison lui demande pourquoi il roule aussi vite.  
            « Pour aucune raison particulière » lui 
            répond-t-il.  Allison s'aperçoit qu'il est 
            totalement bouleversé.  Ils arrivent devant la 
            maison des Mackenzie et Rodney parle un moment à sa 
            passagère.  Il lui demande de sortir avec lui 
            vendredi prochain, puis il l'embrasse.  Postée à sa 
            fenêtre, Constance les observe.  

Scène 6 détaillée:
            La voiture de Rodney file à toute allure tandis 
            qu'on aperçoit un panneau signalant une limitation 
            de vitesse de 15 MPH.  Le jeune homme manque de 
            renverser Allison.  Il s'arrête et fait marche 
            arrière pour parler à la jeune femme.  

RODNEY:     Allison, je suis désolé.

ALLISON:    Ce n'est rien.

RODNEY:     Ou vas-tu?

ALLISON:    Je rentre chez moi.

RODNEY:     Viens, je t'emmène faire une ballade.  (voyant 
            qu'Allison ne répond pas) Ne t'inquiète pas, 
            Allison, je te ramènerai tout droit à la maison.  

ALLISON:    Tu n'étais pas obligé de dire ça, Rodney.

RODNEY:     Tu as raison...  allez, viens! 

            Allison entre dans la voiture et Rodney redémarre, 
            pieds au plancher.  Il continue à rouler à vive 
            allure.  

            Il arrivent devant la maison des Mackenzie.

ALLISON:    Pourquoi as-tu roulé aussi vite, Rodney?

RODNEY:     Parce que je le voulais.

ALLISON:    Pourquoi?

RODNEY:     Pour aucune raison particulière.

ALLISON:    Je vois...  bonne nuit.

RODNEY:     Allison, je suis désolé.

ALLISON:    Ce n'est pas grave.

RODNEY:     Non, je veux dire...  J'essaie simplement de me 
            changer les idées, et la vitesse est un bon moyen.  

ALLISON:    Quelque chose ne va pas? 

RODNEY:     Une petite chose.  

ALLISON:    Je suis désolée.  

RODNEY:     Nous n'arrêtons pas de nous dire "je suis désolé".  
            D'abord moi, puis ensuite toi.  

ALLISON:    Je suis désolée.  

RODNEY:     Allison, pourquoi est-ce que tu restes toujours dans 
            ton coin? 

ALLISON:    J'ai des amis.  

RODNEY:     Tu sais, tu pourrais faire fureur.  Tu n'es pas 
            vilaine à regarder.  Tu es...  Je ne sais pas.  
            Qu'est-ce que tu as? 

ALLISON:    Qu'est-ce que tu as? 

RODNEY:     Moi? Oh, je crois que je me suis un petit peu 
            égaré.  Hey, si nous allions faire une belle et 
            grande promenade, en roulant doucement cette fois, 
            qu'en dis-tu? 

ALLISON:    Non, je ne peux pas.

RODNEY:     Pourquoi? Ta mère t'attend, c'est ça?

ALLISON:    Elle ne m'attend pas.  Elle veut que je rentre.

RODNEY:     Et si tu ne rentres pas directement à la maison, 
            elle se demanderait ce qui a bien pu arriver à sa 
            petite fille.  Et il n'est jamais rien arrivé à sa 
            petite fille? 

ALLISON:    Non.

RODNEY:     Donc, je vois juste.

ALLISON:    Je n'ai pas d'explication à te donner.

RODNEY:     Oh, je suis désolé.  je suis désolé.  Dis-moi, est-ce 
            que tu as prévu quelque chose vendredi soir? 

ALLISON:    Tu n'es plus.

RODNEY:     Plus maintenant.  Alors, qu'est-ce que tu en dis?

ALLISON:    Et bien, je pense que je n'ai rien de prévu.

RODNEY:     OK.  Considérons cela comme un rendez-vous.

            Rodney embrasse Allison sans l'en avertir.  Elle a un 
            mouvement de recul.  

ALLISON:    Maintenant tu vas pouvoir dire à tout le monde que 
            je suis quelqu' un de froid.  

RODNEY:     Non, non.  Personne ne le saura.  Je resterai muet.

            Allison pose son bras droit autour du cou de Rodney et 
            l'embrasse, puis elle sort de la voiture.  

RODNEY:     A vendredi.

            Allison entre dans la maison.

Scène 7:    Chez les Mackenzie, Constance interroge Allison à 
            propos des relations qu' elle entretient avec 
            Norman et Rodney.  Constance ne veut pas qu'on lui 
            fasse de mal.  La jeune fille se contente de 
            souhaiter une bonne nuit à sa mère et monte dans sa 
            chambre.  

Scène 7 détaillée:
            Allison entre dans la maison et monte directement 
            dans sa chambre.  Constance la suit.  

CONSTANCE:  Tu ne m'as pas souhaité bonne nuit.

ALLISON:    Je le fais maintenant.

CONSTANCE:  C'était Rodney Harrington, n'est-ce pas?

ALLISON:    Oui.

CONSTANCE:  Je n'aime pas te voir avec lui.

ALLISON:    Nous sommes seulement.  seulement.

CONSTANCE:  C'est ainsi que ça commence.

ALLISON:    Je veux que ça commence.  Je veux tomber amoureuse.

CONSTANCE:  Ca n'est pas de l'amour.

ALLISON:    Je ne sais pas ce que c'est, mais je veux pouvoir 
            le découvrir.  

CONSTANCE:  Je ne veux pas que tu souffres.

ALLISON:    N'essaie pas de me protéger.  Laisse-moi m'occuper de 
            moi.  

CONSTANCE:  Bonne nuit, Allison, je t'aime.

ALLISON:    Bonne nuit, Maman.  Je t'aime, moi aussi.

            Constance quitte la chambre.


Scène 8:    Plus tard dans la soirée, Matthew Swain se présente 
            au docteur Rossi.  Ils sont au square de Peyton 
            Place, pas très loin de l'Auberge du Colonial Post.  
            Ce soir, Matthew n'est pas accompagné par son 
            fidèle chien Rip.  

Scène 8 détaillée:
            Matthew se promène et arrive près du pilori.  Il 
            rencontre le docteur Rossi.  

MATTHEW:    Vous êtes le docteur Rossi?

MICHAEL:    Oui.  Comment le savez-vous?

MATTHEW:    Je suis Matthew Swain, le rédacteur du Peyton Place 
            Clarion.  

MICHAEL:    Oh, je.

            Ils serrent la main.

MATTHEW:    J'ai mis votre photo dans la prochaine édition.  
            Impressionné? 

MICHAEL:    Absolument.

MATTHEW:    Avez-vous déjà vécu dans une petite ville?

MICHAEL:    Jamais, non.

MATTHEW:    Et bien, laissez-moi vous prévenir.  Certains 
            matins, vous allez vous réveiller et vous rendre 
            compte que chacun des visages que vous verrez dans 
            la journée vous sera familier.  Et vous aurez des 
            sentiments bien définis à l'égard de chaque 
            personne et ils auront des sentiments bien définis 
            à votre égard.  Ils pourront vous aimer ou vous 
            détester mais ils ne resteront jamais indifférents.  

MICHAEL:    J'espère bien!  C'est pour cela que je suis venu à 
            Peyton Place.  

MATTHEW:    Bonne nuit.  

MICHAEL:    Bonne nuit, M.  Swain.  

            Matthew prend la direction du Clarion, et Michael 
            celle de l'Auberge.  
        
DANS LE PROCHAIN EPISODE: 

            Au petit déjeuner, le matin suivant, Leslie parle 
            avec Rodney, Betty avec Julie et Allison avec 
            Constance.  

LESLIE:     Je veux que tu oublies la nuit dernière.  

RODNEY:     Dis-moi une chose Papa.  Pourquoi as-tu choisi la 
            mère de la fille avec qui je sors? 


BETTY:      Nous avons rompu la nuit dernière.

JULIE:      Qu'a-t-il dit?

BETTY:      Il a dit: « je t'appellerais ».  Maman, tu ne les 
            aurais pas entendu parler, par hasard? 


ALLISON:    Il m'a embrassé une fois.  Et je l'ai embrassé une fois.

CONSTANCE:  Et on appelle cela comment?

ALLISON:    Embrassé.